La rupture amoureuse vient déclencher en nous des réactions psycho-émotionnelles qui, le moment de chaos dépassé, vont nous permettre de nous rencontrer et d’être face à notre réalité. Elles sont un peu des miroirs de ce qui a besoin d’être révélé. C’est notre relation à la rupture et à la façon de la gérer qui sera facteur de notre développement ou pas.

Elle vient toucher en nous des valeurs, des croyances, des émotions, des comportements et des besoins. Soit elle les agrandit ou bien elle les heurte, nous propulsant vers un changement nécessaire.

A nouveau, il ne s’agit que d’une grille de lecture et d’hypothèses de travail pour conscientiser et mieux comprendre ce qui peut se passer en nous.

Les expériences précoces de la vie relationnelle (blessures fondamentales) mènent à la création de mémoires, en grande partie implicites, qui vont engendrer la formation d’un schéma. Ce dernier va amener des pensées automatiques, son lot d’émotions et de sensations, et des comportements inadaptés.

Elles peuvent se cumuler et l’objet n’est pas de se victimiser ou se culpabiliser mais, au contraire, de pouvoir prendre le recul adéquat pour aussi identifier les ressources mises en place pour y faire face et les renforcer.

Le passé n’est pas si simple à recomposer mais le fait de reconnaître certaines blessures permet de comprendre la mise en place de certains mécanismes de défense parce que non identifiées à l’époque de l’enfance ou de l’adolescence, ni apaisées et encore moins réparées.

Il n’y a pas de hiérarchie dans les blessures ni de règles.

Alors qu’en est-il en cas de rupture ?

Les blessures réactivées par la rupture peuvent être celles de l’abandon et du rejet, de la comparaison, de la culpabilité, de la trahison et de l’humiliation. Le sentiment d’injustice plane en arrière fond.

L’abandon

La plus fondamentale de toute et certainement la plus communément partagée. Vécue au stade d’embryon (mort gémellaire ou enfant non désiré), à la naissance dans notre jeune âge par des séparations (couveuse, divorce ou hospitalisations), des deuils, des parents présents mais non impliqués… Avoir fait l’expérience d’une relation affective rompue (temporairement ou définitivement) favorise la peur d’être rejetée, la peur de la solitude, la tristesse, le regret et la colère face à ce que nous vivons ou avons vécu comme des injustices profondes. La perte de l’envie de vivre, le vide, et la quête de l’Autre sont également des « symptômes » reconnus. Cette personne peut être très dépendante de son conjoint et est prête à endurer n’importe quoi pour ne pas se retrouver seule.

Le rejet

Se sentir rejeté est blessant pour l’enfant et l’adulte qu’il deviendra. C’est une forme de négation et peut donner le sentiment de ne pas être aimable voire détestable. Le doute quant à l’amour des autres est là. La blessure peut être éprouvée lors de l’absence d’un parent, la naissance d’un frère ou d’une sœur. La personne cherche constamment sa place.

La personne n’est pas surprise d’être quittée, car elle considère qu’elle ne vaut rien. Cette blessure provoque une perte de confiance en soi difficile à réparer.

La peur de la répétition du rejet et d’exprimer ses sentiments est fort présente.

Ces deux blessures engendrent un désamour de soi et un manque de valeur. On ne se sent exister que par rapport aux autres, les limites ne sont pas posées ou, au contraire, étouffantes.

Le sentiment d’insécurité affective suscite blâme, questions, exigences et surtout un besoin constant d’être rassuré(e) par le conjoint.

La fuite (le rejet et l’abandon) est aussi un mécanisme mis en place pour ne pas souffrir d’être abandonné(e) ou rejeté(e). On crée alors les conditions pour être rejeté(e)

(Voir le schéma d’abandon – la rupture amoureuse 3/4).

La comparaison et la blessure narcissique (amour-propre)

L’effet est l’infériorisation (ou au contraire la supériorisation). La valeur n’est mesurable que par rapport à l’autre. Le doute, le manque de confiance, la non-affirmation, le besoin de reconnaissance, le ressentiment et l’envie viennent compléter de façon subtile la blessure. Il est clair qu’en cas de rupture, « L’autre a forcément trouvé mieux ailleurs » et l’atteinte à l’image de soi est destructrice.

La trahison

Le mensonge, la tromperie, le non-respect d’une promesse et les critiques invitent à ne dépendre de personne et à ne faire confiance à personne. Mélange de méfiance et de naïveté, la personne trahie est habitée par une profonde insécurité par rapport à la vie en général avec une tristesse en toile de fond. La croyance intégrée est que l’on ne peut pas avoir confiance en l’être aimé au risque d’être trahi par lui. La rupture résonne alors comme un échec et une défaite. La conclusion, je me suis fait(e) avoir.

L’humiliation et la culpabilisation

L’une, l’humiliation, touche « l’être », l’autre touche le « faire ».

La honte ressentie se caractérise par la peur d’être jugé(e), ridiculisé(e), critiqué(e) et par le sentiment d’être une « mauvaise » personne. La contrepartie est le perfectionnisme, l’isolement, la négation de soi et l’ironie. Elle est liée au fait que l’enfant a été rabaissé, dévalorisé, moqué et critiqué devant les autres. Qu’ai-je fait ou pas fait pour qu’il (elle) me quitte ? je suis coupable ! J’ai honte d’en parler et de l’annoncer aux autres.

Que faire alors ?

Les différentes blessures réactivées et ressenties lors de la rupture sont aussi douloureuses qu’irrationnelles. Pour autant, elles nous permettent de baliser notre chemin et de prendre position :

  • Attendre que cela passe sans initier de changement et continuer à vivre comme si rien ne s’était passé en refoulant les émotions et les informations mises à jour tout en renforçant la blessure, les schémas de fonctionnement et le mode automatique ;
  • Refuser et résister en s’accrochant et en s’engouffrant dans les méandres du conflit et de la vengeance ;
  • Profiter de ces embûches et de ces obstacles pour éclairer son ombre et avancer ;

Certaines démarches se font seules, d’autres non. Elles nécessitent un accompagnement. En particulier quand les blessures d’abus et de maltraitance, non évoquées ci-dessus, ont été mises en évidence ou reconnues.

Dans le cadre d’un processus non guidé, les différentes étapes seraient les suivantes :

  1. Identifier
  2. Accepter et faire le deuil
  3. Libérer
  • Identifier nos blessures fondamentales et accueillir la souffrance est une occasion de compréhension de nos mécanismes et une étape de réalignement et de réconciliation. C’est une ouverture et un passage à soi.

– Qu’avons-nous réussi à identifier en termes de blessures ?

– Que nous reste-t-il encore à mettre au jour ?

  • Accepter sans se sentir soumis(e), ni résigné(e) en incluant l’émotion du moment, laisser couler les larmes et reconnaître sa peine. Accepter signifie reconnaître l’expérience, ce que j’ai à en apprendre ou à intégrer. Se connecter à nos ressentis de manière consciente participe à la guérison.

– Où en sommes-nous dans le processus de deuil ? (la rupture amoureuse 1/4 ).

– Que nous reste-t-il à accepter ?

– Comment pouvons-nous accepter notre  solitude ?

  • Être libéré(e) de ses maux par l’action en allégeant les charges émotionnelles (en auto-traitement ou accompagné(e) par un professionnel si la rupture a ravivé un évènement traumatique pour un soutien, une présence miroir et une sécurité indispensable).

Nous avons la responsabilité de guérir ces maux visibles et invisibles. Les peines de cœur ont aussi un impact sur le corps. Elles se manifestent par l’anxiété et des troubles du sommeil, une accélération du rythme cardiaque et des tensions corporelles.

– Que nous reste-t-il à libérer ?

– Que nous reste-il à soigner ?

– Sommes-nous désintoxiqué(e)s de l’autre ? Le sevrage est-il effectué ?

– Le lien est-il encore existant ?

Dépasser la revanche et se remettre en lien, surtout en présence d’enfants, ou recréer du lien. Trouver des activités qui permettent de trouver de la satisfaction par nous-mêmes.

Et en finalité se poser la question :

Qui suis-je devenu(e) ? qu’est-ce que je veux devenir ?

Où en suis-je de ma maturité affective ?

Qu’est-ce que j’attends de l’amour ?

Qu’est-ce que j’attends de l’autre ?

Une introspection, un bilan pour devenir acteur-actrice de sa vie et y mettre plus de sens et de conscience. Se fixer des objectifs nouveaux, prendre soin de soin pour retrouver confiance en soi et restaurer l’estime de soi, aller vers l’autre sans précipitation et dépasser ses peurs pour réapprendre à aimer sans chercher le « bon parent » dans l’autre.

Nous ne sommes pas nos blessures, nous sommes des êtres blessés. Le chemin de prise en charge demande du temps et chacun avance à son rythme. Il nous amène à découvrir nos forces et nos talents réprimés par nos peurs.

Sources :         L’ami intérieur Dr. Halim Youcef-Dumez – La rupture amoureuse Lisa Letessier – Les 5 blessures Lise Bourbeau

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