Je rencontre très souvent, en séance, des clients confrontés à la culpabilité. Souvent, ils ne peuvent en déceler ni la cause ni l’origine.

La culpabilité c’est quoi ?

Elle se manifeste par une auto-sanction en lien avec un choix, une décision ou un acte pour lesquels on se sent responsable. 

La plupart du temps, il suffit de réparer sa faute ou de s’excuser.

Or, de« c’est à cause de moi, c’est de ma faute ou c’est ma faute » découlent des regrets parfois même des remords avec son lot de fantasmes. J’aurais dû ou je n’aurais pas dû… On parle alors de culpabilité morbide.

Les émotions qui vont de la déception, à la tristesse en passant par l’angoisse et la colère peuvent, à leurs tours susciter nombre de désagréments physiques. Elles suscitent surtout des pensées toxiques

Ainsi cette mauvaise conscience ressentie provoque une véritable emprise sur soi dont il est difficile de se débarrasser.

Pour s’en libérer, il est important de la comprendre. 

Comme il s’agit d’un sentiment qui perdure dans le temps, il devient morbide. Avoir l’impression d’être en faute en permanence et de ne pas avoir fait ce qu’il fallait. 

La culpabilité est ambiguë. Mon client reste persuadé que s’il avait changé son comportement, s’il avait été plus présent et plus à l’écoute, la rupture n’aurait pas eu lieu. Avec des SI… 

Pourtant le passé est révolu et l’on ne peut plus changer ce qui est arrivé.

Le fantasme du pouvoir et de la toute-puissance.

Il s’agit ici d’un fantasme. Celui de tout contrôler et d’avoir le pouvoir de rendre l’autre heureux ou, tout au moins, d’empêcher les évènements de se produire. Enfin, il attend que l’autre puisse changer.  

Or, la compagne pourrait être “cataloguée” de personnalité difficile ; de par ses réactions limites (dans le sens borderline) et déstabilisantes, le quotidien était imprévisible et anxiogène.

Pour autant, enfermé, de son point de vue, dans son rôle de bourreau (il est responsable de tout), le client se sent fautif de cet échec.

Cette fragilité identifiée par sa compagne, a laissé la porte ouverte à la manipulation. Cette dernière laisse des traces chez la victime. Quoiqu’il ait pu faire ou dire, ce n’était jamais assez bien ni satisfaisant. Les caprices à répétition ont permis d’obtenir gain de cause et d’avoir l’ascendant sur lui. Et la manipulation continue son chemin avec, comme corollaire, le chantage affectif.

Plutôt que d’affirmer ses besoins et ses désirs, elle cherchait à éveiller en lui un sentiment de culpabilité. Elle le rendait responsable de ses maux et le concrétisait par des litanies de reproches. 

Quelle est l’origine de la culpabilité ? Et pourquoi tous ces ressentis ?

Qu’elle que soit sa cause, la culpabilité est difficile à éradiquer. Liée à l’éducation, à une fragilité psychologique ou à un environnement familial insécure, il convient de replonger dans son enfance.

Mon client a pu prendre conscience que certains de ses comportements et de ses émotions étaient issus de son passé. Un trop-plein d’émotions négatives mal comprises et mal “digérées” reste stocké sous forme de sensations et d’émotions comme la peur et la tristesse. La programmation s’est faite à l’âge où mon client était enfant. À l’époque, il ne pouvait pas analyser les situations. Il n’a su que tirer la conclusion, rapide et réductrice , que si le père était en colère c’était bien entendu de sa faute.

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Un père jamais satisfait, qui le renvoyait à sa « nullité ». Les jugements et les prédictions liées à son incapacité à réussir, l’ont conditionné dans une identité à toujours mal faire.

Et le côté affectif ?

A ce niveau, la pression est à son comble. En réalité, la personnalité de sa compagne le renvoyait à celle de son père. 

Tout ses ressentis passés étaient réactivés. Les scènes de colère, les comportements cycliques, les conduites aberrantes et irrationnelles et les réactions démesurées ont eu un effet déclencheur.

En conséquence, cette double culpabilité (l’impuissance par rapport à la satisfaction des besoins de l’autre et la peur de mal faire) a rejailli. Elle a été décuplée par le nombre de situations vécues dans son enfance.

À force de refuser d’admettre que rien ne pourrait faire changer son père et qu’il n’aurait jamais grâce à ses yeux, mon client reste en quête (inconsciente) d’approbation, de reconnaissance et d’acceptation.

Il a donc opéré le transfert sur cette femme, malheureusement en incapacité de lui apporter une quelconque compensation. Cette relation est perçue comme un échec.

Pour autant, tout se joue ici de manière inconsciente. Les comportements et réactions de la compagne mériteraient aussi une analyse plus approfondie.

Les signes de la dépression

Le danger dans ce vécu, passé et présent, est que la dépression n’est pas loin. Mon client ressent un manque crucial d’énergie pour accomplir le quotidien. Les pensées tournent en boucle. Cette culpabilité adossée à une facette perfectionniste, au sentiment d’avoir perdu du temps, d’avoir gâché cette relation et, en prime, de se retrouver seul, mène à l’épuisement. Double voire triple peine.

De ce fait, les fautes imaginaires, le résultat dont il n’est que partiellement responsable – l’échec de la relation – le fragilisent d’autant plus. La dévalorisation accompagnée de la honte accentuent encore l’état dépressif.

En effet, la honte apparaît dès que nous n’arrivons pas à atteindre les normes d’un groupe. Ne pas être en couple, n’avoir pas réussi à fonder une famille….De ce fait honte et culpabilité entrent en conflit, parce que l’une donne plutôt envie de fuir et de se cacher et l’autre s’accompagne du besoin de réparer.

Que faire alors ?

Travailler : 

  • Les souvenirs les plus évocateurs en termes de ressentis (culpabilité, impuissance, colère, tristesse) ;
  • À accepter son passé. Intégrer émotionnellement et physiquement son « impuissance » à ne pas avoir pu ni le contrôler ni le changer, et encore moins à le maîtriser ;
  • La représentation du père, les croyances et les fantasmes (de vouloir le voir changer) le concernant ;
  • Les attentes et les besoins d’un père « idéal » ;
  • La représentation féminine (la maman) dans sa capacité à soutenir ou non l’enfant ;
  • À lâcher du lest quant au désir de perfection ;
  • À reconnaître la part de responsabilité de l’autre (père et compagne) dans la mécanique de manipulation. Accepter qu’ils avaient la capacité à agir autrement – en manifestant leur libre arbitre et leur pouvoir d’action – la notion de coresponsabilité ;
  • La représentation, les attentes et les besoins liés à la compagne ;
  • La notion du couple et de la famille ;
  • Le deuil de la relation et de tous les espoirs et désirs rattachés : famille, enfants, normalité.

Les prises de conscience

Les prises de conscience se font par pallier. Les attachements et toutes ses résistances à lâcher sont très présents. Le deuil de la relation est difficile à faire et à accepter. Comme dans tout deuil, un minimum de temps est requis.

En conclusion, il convient de désensibiliser et « déprogrammer » en douceur afin que le cerveau adulte traite le souvenir. Ensuite, il s’agit de reconstruire petit à petit de nouveaux possibles en termes de ressentis, de croyances, de comportements et d’émotions adaptées en s’appuyant sur les ressources, même si elles sont momentanément altérées.

Enfin, une prise de conscience que les uns et les autres ont un libre arbitre, et de ce fait, cesser de nier la responsabilité de l’autre, est aussi un premier pas vers le lâcher-prise. Il s’exerce par le retraitement cérébral des informations du passé.

Pour finir sur l’aspect plus positif de la culpabilité :

Dans son rôle utile et mesuré, elle sert à rester dans le droit chemin. Elle permet de faire la part des choses entre le bien et le mal et d’adapter nos comportements en tenant compte des sentiments des autres.

Le bout du tunnel, culpabilité quand tu nous tiens, espoir

Les méthodes utilisées sont la Logosynthèse, l’EFT et la TAI (technique d’alchimie intérieure d’Andrea Fredi).

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